Ce modèle nous vient des années 60 par le docteur Bruce Tuckman, un professeur en psychologie. Ce dernier s’est lancé dans une analyse approfondie de plus d’une cinquantaine d’études relatives à la théorie des équipes.

Il voulait ainsi proposer un modèle précis des différentes étapes de la constitution d’une équipe ou d’un groupe.

Nous allons voir ensemble les avantages du modèle Tuckman, ainsi que toutes ses différentes étapes.

 

Qu’est-ce que c’est ?

Le professeur Tuckman voulait par cette méthode apporter son aide aux managers d’équipes. Il cherchait à les aider à mieux comprendre comment se passe la communication au sein d’une équipe. Initiative intéressante quand on sait que les résultats dans un groupe dépendent de leur capacité à bien communiquer tous ensemble.

En 1965, son modèle présentait 4 étapes bien distinctes :  Forming ou Formation, Storming ou Tension, Norming ou Normalisation et Performing ou Exécution.

Mais depuis 1977, une nouvelle étape du modèle de Tuckman fait son apparition. Cet nouvel ajout s’appelle Adjourning ou en français Dissolution.

 

1. Forming ou Formation

Dans cette étape du modèle, les membres de l’équipe ne se connaissent absolument pas. Ils commencent par fixer le cadre. Par se demander quel sera le rôle de tout un chacun. Et il y a encore cette envie de se connaître, de se découvrir.

Étant donné que dans cette étape les différents membres ne se connaissent pas encore bien, c’est au chef d’équipe ou manager de prendre les devants.

Il va alors statuer sur les bases de l’équipe et du projet. Il devra à partir de là emmener toute l’équipe dans la même direction. Il faut qu’il soit le plus claire possible pour ne perdre personne. Le groupe aura également besoin de ça afin que tous les membres comprennent directement ce qu’ils devront faire.

Le manager devrait se servir de cette étape également pour instaurer une bonne ambiance dans l’équipe. Un groupe qui vit bien est un groupe très productif. Il n’est donc pas conseillé de mettre de côté tout l’aspect humain au détriment du travail. Les deux sont généralement de connivence.

D’autant plus qu’au fur et à mesure que les relations se créeront entre les membres, ceux-ci gagneront en confiance en eux et en confiance en leurs collaborateurs. Ce qui favorisera la suppression des élans individualistes pour uniquement composer en groupe.

Si nous prenons l’exemple d’une équipe nationale, cette étape du modèle tuckman s’apparenterait au premier rassemblement et aux premiers entrainements avant le début d’une compétition internationale.


2. Storming ou Tension

Cette partie du modèle de tuckman représente la fin de la lune de miel. C’est le début des doutes et de la polarisation des différents opinions.

Certains membres du groupe cherchent à se positionner différemment, à réaffirmer leur position ou d’autres ont tout simplement perdu l’enthousiasme des débuts. Les causes sont diverses. Mais ce qu’il faut vraiment retenir c’est que cette étape est inévitable.

En effet, les groupes quel qu’ils soient, que ce soit dans le milieu professionnel ou privée passent tous par une période de flottement. On observe la création de microgroupes en leur sein.

Ce n’est généralement qu’un mal pour un bien. Ces difficultés permettront à l’équipe de se regrouper afin d’identifier les problèmes et d’essayer de les régler tous ensemble. Le manager peut être la tête de fil à ce moment-là. Il en revient de sa responsabilité de maintenir une certaine cohésion au sien de son groupe.

Par contre, si la communication ne se fait pas, le groupe peut rester coincé à la deuxième étape du modèle Tuckman pendant très longtemps. Ce qui serait assez dommage. Il faudrait essayer différents exercices permettant de ressouder le collectif sans créer plus de problèmes qu’il y en a déjà.

Normalement, si la première étape a été bien effectuée, vous ne devriez rencontrer aucun problème pour savoir comment approcher tout un chacun afin de régler les problèmes sans en créer de nouveaux.

Pour revenir à notre exemple sur une équipe de football, nous pouvons avoir des joueurs qui sont frustrés de leurs moindre impact dans l’équipe. Sans doute parce qu’ils sont remplaçant ou encore parce qu’ils ne sont pas d’accord avec les choix tactiques du sélectionneur.

 

3. Norming ou Normalisation

C’est l’étape des régulations qui se mettent en place. L’équipe se demande comment ils peuvent mieux fonctionner ensemble et donc mettre tous leurs talents en commun pour le bien du collectif.

Nous sommes dans la continuité de la première étape. Il faut bien s’être observé les uns des autres pour arriver à se comprendre et à marcher d’un seul homme.

Le manager doit quant à lui doit essayer de développer la confiance, l’identité de groupe ou encore l’autonomie afin de faire atteindre à l’équipe une certaine intelligence émotionnelle.

Il faut encourager des jeux en communs, des sorties de groupe ou même encore des team building. L’équipe a besoin de ça pour bâtir un socle plus que solide.

Cette phase du modèle Tuckman nous renvoie à quand une sélection de football profite du temps libre pour encourager les joueurs à passer du temps ensemble et à pratiquer diverses activités de groupe.

 

4. Performing ou Exécution

C’est dans cette phase du modèle de Tuckman que le groupe est dans les meilleurs conditions pour travailler. D’ailleurs cela se ressent sur les performances qui n’auront jamais été autant en hausse.

Les membres du groupe sont plus à l’aise dans leur communication avec les autres. Ceci se ressent dans leurs capacités à proposer des idées et à grandement participer dans toutes les décisions liés à l’équipe.

Le groupe devient de plus en plus autonome et est capable de s’autogérer quel que soit la situation qui se dresse devant eux. Ils sauront apporter des corrections quand il le faudra et même décider de la marche à suivre entre eux sans réellement consulter leur manager.

Le chef d’équipe n’a plus qu’à vérifier que son groupe a tout ce qui lui faut pour travailler. Il intervient de moins en moins.

Néanmoins, ce dernier se doit de toujours rester vigilant. Il se peut que l’équipe rétrograde à une précédente étape. Rien de bien alarmant. Il faudra juste répéter les mêmes pratiques et ressouder le groupe.

On peut voir ici l’enchainement des victoires de l’équipe de football jusqu’à avec un peu de chance l’obtention du trophée.

 

5. Adjourning ou Dissolution

Une fois la mission accomplie, c’est la fin du voyage. L’équipe a rempli tous ses objectifs et n’a plus rien à faire pour le projet.

Le manager réunit tout le monde et engage une phase d’analyse qui permettra de donner un retour à chaque membre sur sa participation au projet. Les résultats de cette analyse servira pour les prochains projets à venir.

Cette étape marque donc la fin du projet et la dissolution de l’équipe lié à ce dernier.